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  • 29 septembre 2017
  • - Commentaires fermés sur « Cage your rage » et apprend à bien te tenir, par Marie Brémond
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« Désapprendre les comportements à risque, inefficaces » et « apprendre de nouveaux comportements pour aider à faire des choix qui permettent de réaliser des objectifs personnels à long terme » : entre désir et dressage, le biopouvoir a choisi.

En Grande Bretagne, depuis plus de 15 ans, les services de santé mentale laissent place aux services judiciaires d’accompagnement. Dans de tels services, les patients sont devenus des délinquants, réduits à un monitoring et un contrôle de leur comportement : chaque écart de conduite est sanctionné par une privation.[1] Le réel de la psychose se traduit par un « inacceptable » à corriger. L’article de Sarah Stillman pour le New Yorker[2] se fait l’écho de cette tendance à la judiciarisation généralisée, Outre-Atlantique également, le délit étant la seule interprétation possible du passage à l’acte.

Aux USA, ce sont les incarcérations qui se transforment en période de probations alternatives, c’est l’effet pervers des augmentations de délits liés au resserrage du contrôle social. Le système judiciaire s’est privatisé, les private probation companies se chargent des délits, en offrant des alternatives à la prison.

Le dressage par le bracelet s’accompagne d’un traitement TTC type « Cage your rage » ou T4C « Thinking for a change », qui consiste en deux phases d’apprentissage nommées ci-dessus : désapprendre les habitudes déviantes/apprendre le comportement adéquat. Le journaliste ponctue son article sur l’esclavagisation de ces sujets, aliénés à une surveillance et un système d’endettement digne de celui des subprimes et dont l’issue ironique autant que terrifiante observée par les chercheurs est l’augmentation des délits pour financer ces services (trafic d’organe, dons de sang, vente de drogue, prostitution etc.).

Foucault prédisait que « la technique des signes punitifs codifierait les comportements et tendrait à inverser tout le champ temporal de l’action pénale ».[3] Empêcher les crimes par la prévention, c’est ce à quoi prétendent ces services. La technique « désapprendre »/ « réapprendre » articulée à la prévention des récidives impose sa temporalité à un savoir qui lui pourtant ne se produit bien souvent que dans l’après-coup.

[1]  Rowan A, « Sommes nous encore tolérés : une étude sur le cadre de la santé mentale en Grande Bretagne ». Juillet 2017.

            http://www.copel-cobes.be/Sommes-nous-encore-toleres-Une-etude-sur-la-cadre-de-la-sante-mentale-en-Grande

[2]  Stillman Sarah, « profiting from private probation. »

            https://www.newyorker.com/magazine/2014/06/23/get-out-of-jail-inc

[3]   Foucualt M., Surveiller et Punir, Edition Gallimard, p.111

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