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  • 3 novembre 2017
  • - Commentaires fermés sur Genre d’apprentissage : l’apprentissage du genre, par Alexandre Stevens
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Dans un article du New York Times daté du 24 octobre, la journaliste Zoe Greenberg s’intéresse au maniement du genre dans l’éducation scolaire.

On considère naturellement qu’il y a deux genres, pensant trop vite que la nature du sexe est binaire. Ce qui permet cependant à certains de choisir l’autre sexe que celui qui leur a été d’emblée attribué. On les dit alors « trans ».

Mais voila : ce n’est pas aussi simple. Ainsi s’exprime Sophia devant sa classe : « J’en suis venu(e) à la conclusion que je suis nonbinary, c’est-à-dire que je ne suis ni un garçon, ni une fille ». Et elle demande à ses condisciples d’utiliser à son propos les pronoms they, them ou their en parlant d’elle. Ces pronoms de la troisième personne du pluriel des deux genres s’emploient en effet aujourd’hui au singulier pour dire la forme neutre qui n’existe pas plus en anglais qu’en français.

Le genre peut en effet être plus flou que binaire. Il y a alors femme et homme mais aussi neutre et toutes les variétés de trans, qui vont des modifications de l’image par le code vestimentaire, ou de la désignation symbolique par le changement de l’usage des prénoms et pronoms, aux modifications du corps, hormonales ou chirurgicales.

Les États-Unis sont un pays de contrastes. Certains États imposent une information sur le genre dans toutes les écoles publiques, comme en Californie ou un comté de Floride, alors que dans d’autres, comme l’Alabama, il s’agit d’inculquer à l’école la morale la plus traditionnelle incluant le péché de l’homosexualité.

Mais il faut noter que la question du genre en classe provient davantage des enfants et des jeunes que des enseignants dont certains se disent surpris de cette rapide évolution chez les teens.

Comment enseigner à l’école cette problématique neuve du genre dans toutes ses nuances ? Pas forcément simple. Telle enseignante de très jeunes enfants leur demande quelle est leur couleur préférée, vert pomme ou rouge vif. Certains répondent qu’ils préfèrent le bleu. Eh bien, explique-t-elle, vous voyez que tout n’est pas binaire ! Des goûts et des couleurs du sexe…

Désir ou dressage ? Ce sont surtout les paradoxes qui ne manquent pas. Un éducateur pose la question : « comment les professeurs peuvent-ils expliquer que la plupart de ceux qui ont un utérus auront leurs règles, mais que ceux qui ont leurs règles ne doivent pas   nécessairement être des filles ? » Redoublement du pas-tout : pas toutes les femmes ont des règles et pas toutes les règles ont une femme.

Concluons sur ce mot d’un adolescent :

— Qu’est-ce que le genre ?

— C’est une chose qu’on a inventé pour vous mettre dans une catégorie.